Syndicat de la rédaction africaine

2 FRANCS PAR MOT, C'EST FINI !

POUR UN TARIF MINIMUM DE LA RÉDAC WEB AFRICAINE

Chères rédactrices africaines,

Chers rédacteurs africains,

certain-e-s d’entre vous bossent pour 2 francs CFA le mot.

Soit, 2000 francs CFA par article de 1000 mots.

Soit environ 3€ pour 1000 mots.

En Europe, une rédac web vend les 1000 mots environ 100€.

Mais attention : ce tarif, ce n’est PAS ce qu’elle touche à la fin !

Elle paye environ 25% de taxes à l’Etat, puis repaye des impôts ensuite sur ses revenus.

Elle a divers frais, et doit aussi passer du temps, pour faire de la rédac, à faire tout autre chose : prospecter, sympathiser, se former, gérer son site, faire ses factures etc etc.

Donc quand on gagne 100€ en Europe, à la fin on touche vraiment… plutôt la moitié. Soit environ 50€.

Mais donc, vous pouvez facilement comparer : tel employeur français vous paye 3€, et touche 100€ qui deviennent 50€.

Donc en gros : les européens vous ont encore pillé, escroqué, volé. Une fois de plus.

Vous n’avez pas à accepter ces conditions de travail insultantes, indignes.

Vous devez refuser, collectivement, cette escroquerie en bande organisée au profit des anciens colons esclavagistes, qui n’ont manifestement rien appris de leurs lamentables erreurs.

L'œuvre sociale des syndicats français

Les misérables

Faisons un peu d’histoire.

En 1840, en France, alors que depuis quelques décennies le travail industriel se développe rapidement et intensivement, les conditions de travail sont les suivantes :

Aucun salaire minimum

L’employeur bourgeois industriel ou agricole est roi : il fixe le tarif à sa convenance.

La masse des employés est si pauvre et si vaste qu’elle se fait concurrence elle-même : pour le pire travail le plus mal payé, l’employeur trouve toujours un employé pour se faire exploiter, car cet employé n’a qu’un choix : mourir de faim, ou travailler pour presque rien.

Aucune limite à la durée du travail

Si l’employeur veut que tu travailles tous les jours de la semaine pendant 18h, il peut l’exiger.

Tu refuses ?

Tu protestes ??

Tu es viré.

Aucune limite d’âge

Les employeurs bourgeois emploient des millions d’enfants. Des enfants travaillent à 6 ans dans des mines de charbon à 100 mètres sous terre.

Ce n’est pas le problème du bourgeois, qui souhaite juste s’enrichir, par tous les moyens.

Aucune protection contre le chômage

Si tu ne travailles pas, tu ne manges pas, ni ta famille.

Or, certains jours, l’employeur n’a pas de travail pour toi, ou es fâché que tu aies osé protester hier matin contre son exploitation : ces jours-là, toi et ta famille vous sucez des cailloux ; certains meurent littéralement de faim, de froid ; l’employeur, qui mange bien, dort au chaud, n’en a rien à faire.

Aucune protection contre la maladie

Au XIXè siècle, des épidémies ravagent le peuple français : la tuberculose, le choléra, la rage, et beaucoup d’autres, sont toujours là, et tuent le peuple déjà mal nourri et mal logé.

Tu tombes malade ? Alors tu ne travailles pas, donc tu ne manges pas. Tu n’achètes pas de médicaments car tu n’as pas d’argent et ces médicaments n’existent pas encore.

Aucune protection contre la vieillesse

Tu viens de travailler pendant 60 ans, depuis tes 5 ans.

Ton corps et ton esprit sont brisés depuis longtemps.

Tu ne peux plus travailler.

Tu ne peux donc plus manger.

L’employeur bourgeois qui a contrôlé ta vie depuis toujours, ne te laisse plus qu’un seul choix : mourir.

Et tu meurs, misérable.

« Droits de l’homme et du citoyen », qu’ils disaient

Tout cela dans un pays dont les autorités politiques avaient solennellement proclamé 50 ans plus tôt les « Droits de l’homme et du citoyen ».

Le Syndicalisme ouvrier : une lutte pour les droits humains

Organisation et rapports de force

Ayant subi le cynisme de la bourgeoisie pendant des décennies, en ayant souffert dans leur âme et dans leur corps, des hommes et des femmes se sont révoltés contre la dictature économique et l’esclavage du prolétariat français.

Ils et elles ont développé des théories politiques – car on n’agit pas sans idées – puis sont passé à l’action en fondant des organisations.

Des partis de gauche sont nés ainsi (la 1ère Internationale et les suivantes, le parti socialiste, le parti communiste, la fédération anarchiste, les partis démocrates-chrétiens, etc), et surtout des syndicats.

Un syndicat est une organisation de travailleurs, où le nombre fait la force.

Le patron contre un ouvrier : le patron gagne.

Le patron contre tous les ouvriers et toutes les ouvrières de « son » usine (où lui-même ne travaille pas, mais dont il touche l’essentiel des revenus, avec un sens de la justice assez spécial) : là, le patron se met à réfléchir, cherche ses mots, recule de 3 pas, se demande comment il va pouvoir tous les abattre.

Le patron contre un syndicat bien organisé, énorme, expérimenté : là, enfin, le patron commence à dire « bonjour monsieur, comment allez-vous ? » et propose de s’asseoir à la table des négociations.

Quand on menace de les brûler lui et son usine, également, ça l’incite à adopter un style de communication plus doux qu’avant.

Bref, c’est par la force collective que le prolétariat français a pu ramener la tyrannie bourgeoise à la raison, et la contraindre à respecter les droits humains des travailleurs et des travailleuses.

Conquêtes syndicales

Quelques décennies après l’avènement en France, en Europe et dans le monde, des revendications du prolétariat organisé en partis et en syndicats, cette fois c’était la bourgeoisie, largement minoritaire en nombre, qui n’avait plus qu’un choix : négocier, ou subir la vengeance de ses victimes.

Et voilà ce que les organisations des prolétaires unis ont gagné :

  • l’instauration d’un salaire minimum
  • la limitation quotidienne et hebdomadaire du temps de travail
  • l’interdiction du travail des enfants (et l’obligation de les envoyer à l’école pour satisfaire leur droit au savoir)
  • l’assurance-chômage
  • l’assurance-maladie
  • l’assurance-vieillesse
  • la réaffirmation et la généralisation des Droits de l’homme
  • l’interdiction du travail forcé
  • le droit de vote des femmes
  • la protection des droits de l’enfant
  • etc

Ce qui a été possible en France, en Europe, dans le monde, est toujours possible en Afrique.

Qui est mieux placé que les africains et les africaines, pour faire respecter les droits humains en Afrique ?

Le Syndicat de la rédaction africaine

Création du syndicat et adhésion automatique

Toute personne qui adhère en majorité aux idées décrites ci-dessus, adhère automatiquement et est membre de plein droit du Syndicat de la rédaction web d’Afrique.

Ce syndicat, qui n’a de comptes à rendre qu’à lui-même et aux travailleurs opprimés, n’a aucun besoin d’existence administrative : il suffit de créer le concept et de lui donner un nom – comme un toubab de le faire en utilisant ses doigts sur un clavier.

Instauration d’un tarif minimum

Le syndicat de la rédaction africaine décide de mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme en Afrique, et fixe un tarif minimum de 10 francs CFA par mot.

Les personnes qui choisissent librement de travailler pour moins cher, d’être volontairement exploitées, participent ainsi activement à l’exploitation de leurs frères et de leurs sœurs.

Les personnes qui choisissent librement de travailler pour le tarif minimum ou pour plus cher, participent ainsi activement à la libération et à la protection de leurs frères et de leurs sœurs.

L’avenir nous appartient

Si vous respectez le tarif minimum syndical,

si vous faites respecter le tarif minimum syndical,

voici ce qui va se passer :

  • Vos employeurs exploiteurs sans scrupules vont se fâcher, menacer de vous priver d’emploi, de vous ruiner, de vous affamer : on connait déjà bien leurs méthodes, leurs idées, leurs mots
  • En restant solidaires, en refusant de travailler pour rien, en portant plainte publiquement, en dénonçant les escrocs, vous gagnerez et l’employeur, européen ou africain, devra négocier, de gré ou de force
  • Ainsi les exploiteurs disparaitront du marché de la rédaction, comme les colons ont (en grande partie) disparu de vos pays qu’ils avaient volés
  • Vous gagnerez plus d’argent
  • Vous nourrirez mieux vos enfants
  • Vous soignerez mieux vos maladies (malaria, covid, SIDA, etc etc)
  • Vous seriez plus heureux, plus heureuses
  • Vous aurez un meilleur équipement informatique
  • Vous pourrez mieux vous former, monter en compétence, et travailler pour encore plus cher
  • Vous contribuerez ainsi au développement économique et humain de l’Afrique

Bon courage dans votre lutte permanente contre l’oppression capitaliste.

La victoire est au bout du chemin.

Post-Scriptum

La collaboration des rédacteurs et rédactrices de Madagascar est vitale pour ce projet.

Voici donc le Message du Syndicat de la rédaction africaine aux rédacteurs et rédactrices de Madagascar

3 réflexions sur “Syndicat de la rédaction africaine”

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